A une période, soit quatre-cinq mois après la rupture, je me demandais si Le M. avait gardé les photos. Nos photos. Celles où, on semblait s'aimer pour toujours.
A une période encore, j'aurais quitté maison-parents-études-amis pour lui. J'aurais rempli ma grosse valise orange et en deux coups de talonnette, j'aurais été près de lui.
Oui, à cette période-là, je croyais l'aimer autant que l'on puisse aimer l'homme de sa vie. J'y ai cru suffisamment fort pour m'accrocher à cette idée comme à une amarre.
Les " Ne me laisse pas ", " Dis-moi que ce n'était qu'un cauchemar, je t'en supplie ", " Je continuerai de t'aimer quand même ", " On peut essayer, ça peut marcher, je t'assure ", je les ai usé jusqu'à la moelle. Pour lui. Pour qu'il reste auprès de moi.
Mais avais-je réellement envie qu'il reste, finalement ? Ou était-ce la peur de la solitude qui m'effrayait ? Je n'en sais rien, même encore maintenant. Si je me permets d'écrire cette histoire maintenant, c'est parce que je sens qu'elle vient se reléguer au rang de mes " histoires passées ". J'ai voulu la faire perdurer trop longtemps, tout comme les autres.
Au final, quand je fais le bilan de mes relations sentimentales, j'ai l'impression qu'elles ont toutes suivies le même chemin, tout en étant complètement opposées malgré tout.
L'Horrible me brimait et me bouffait de l'intérieur. C.h. m'a appris que l'amitié, la fidélité étaient bien plus importantes que l'amour. Le Marteau Pilon m'a prouvé que j'avais certaines valeurs dont, pour le moment, je ne pouvais me défaire car elles faisaient partie de moi.
Et Le M. ... Il ne m'a pas appris grand chose. A part qu'une apparente fragilité dissimulait finalement une force que je ne soupçonnais pas. Cette relation, contrairement aux autres, même celle d'une nuit, ne m'a pas fait grandir. Je n'ai pas aimé qu'il revienne l'autre soir, neuf mois après, la bouche en coeur, pour me dire que je lui manquais et qu'il voulait que je le rejoigne.
En d'autres circonstances, sans Chouchou dans ma vie et dans mon lit, peut-être l'aurais-je fait. Peut-être aurais-je voulu revivre cette passion. Sans que personne ne le sache. J'aurais refait ma valise orange. Mais ç'aurait été une mauvaise solution. Juste une épopée, pas de l'amour.
L'amour, ce serait si Chouchou partait en Syrie pendant deux mois et que j'allais le rejoindre pour lui faire une surprise. Il est certain que je ne l'aimerais jamais de la même façon que le M., jamais avec cette passion naïve. Mais je l'aime, bien plus. Je ne sais pas comment expliquer, ça ne s'explique pas. Je n'ai pas le coeur qui bat plus fort, ni des frissons quand il me regarde. Mais je sais qu'il représente bien plus à mes yeux.
Alors oui, j'ai fait le bon choix quand j'ai dit " Non " sans même hésiter une seule seconde, remplie de colère, avec l'envie de le mettre plus bas que terre. Ce que j'ai fait. Il n'y croyait pas, de toute manière. Il savait que je resterais avec lui. Il est arrivé trop tard. Et c'est ça qui m'a le plus embêté. Après sa petite déclaration, qu'il n'y croit pas, alors à quoi bon ? J'ai comme réalisé qu'il n'y avait jamais cru, en fait. Ou si. Mais pas suffisamment fort.
Alors qu'avec Chouchou, j'ai envie d'y croire. Doucement. Lentement. Je construis quelque chose avec lui de fiable. Rien n'est éternel, soyons clair.
Mais essayons au moins de le faire durer le plus longtemps possible.
14 novembre 2009
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